Le déménagement, un stress salutaire

Publié le 30 Septembre 2016

Le déménagement, un stress salutaire

Qu’il soit désiré ou non, le déménagement peut produire un mini-séisme psychologique. Quitter un espace et des visages familiers, se séparer d’objets témoins de notre histoire, conquérir un lieu inconnu sont autant d’épreuves qui nous font osciller entre abattement et excitation.

Pour 76 % d’entre nous, déménager est un stress important (Sondage TNS Sofres, janvier 2006). Particulièrement pour les femmes, dont 82 % avouent qu’elles ont passé un très mauvais moment. Nous avons tous nos petites habitudes, le changement est alors souvent synonyme d’abandon : d’objets, de murs, d’un quartier. C’est pourquoi nous en sortons si fatigués ! Pourtant, il y a un merveilleux potentiel de vie dans la décision de se déplacer, c’est la manifestation du désir de vivre, d’aller vers un ailleurs !

Notre lieu de vie est une enveloppe qui nous protège, reflète notre personnalité et les différents moments de notre existence. Les jeunes adultes quittent le toit familial pour voler de leurs propres ailes, s’agrandissent pour s’installer à deux, devenir parents, et parce qu’ils progressent professionnellement. Un déménagement, c’est la fin d’une période de vie, le début d’une nouvelle existence. C’est l’occasion de se redéfinir, de se rafraîchir, de s’alléger.

Après la cinquantaine, c’est souvent un choix forcé, les conséquences d’un divorce, d’une longue période de chômage. Les enfants ont quitté le nid, les parents prennent un appartement plus petit. Finalement, chaque nouvel habitat nous incite à nous interroger sur notre identité : « Qui suis-je ? Où en suis-je de ma vie ? Ai-je réussi ? En suis-je satisfait ? » Quitter notre espace familier est déjà un traumatisme, il semble essentiel de le faire le plus confortablement possible sur le plan psychologique.

La période de l’entre-deux où l’on va bientôt quitter l’appartement, sans pouvoir visualiser le logement à venir, contribue fortement au stress. Le lieu dans lequel nous résidons appartient au passé sans que nous puissions investir le nouveau. C’est excitant, mais aussi très frustrant. Et avant d’intégrer notre futur logis, nous devons faire nos cartons et nous libérer du superflu. Jeter, c’est se séparer d’une part de notre histoire.

Nos meubles et nos bibelots sont notre mémoire, les témoins de nos bonheurs et de nos peines, de nos réussites et de nos échecs. La difficulté du déménagement réside moins dans les cartons que dans cette perte des repères familiers et la conquête d’un univers géographique et mental nouveau. Progressivement, nous allons réinstaurer notre ordre et notre désordre. En attendant, quand, pour la première fois, nous lavons le sol de notre maison, il ne s’agit pas seulement de propreté, mais d’une action symbolique pour se l’approprier et “chasser” ses anciens occupants.

Source : Psychologies – Août 2014

Rédigé par SIMPLY MOVE

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D
Un déménagement marque toujours la fin d'une étape de la vie et le début d'une autre.
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